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Conseils pour la manifestation à Davos (25.01.03)

Ce petit aide-mémoire n'est pas une marche à suivre impérative, mais juste la compilation de quelques conseils. Certains sont contradictoires, à chacun·e de voir. Pour la première fois, les autorités ont délivré une autorisation pour la manifestation à Davos. Ce qui est décrit ici, c'est les scénarios catastrophes, mais toutes les manifs ne se passent pas forcément comme ça. Il ne s'agit pas d'effrayer les manifestant·e·s, mais de donner des informations pour réduire les risques.
Attention: la manif commence quand on part de chez soi et ne se termine que quand tou·te·s les manifestant·e·s sont rentré·e·s à la maison. Essayer de ne pas voyager seul·e.

Conditions climatiques
Prévoir des vêtements imperméables et chauds et des bonnes chaussures. Mieux vaut tester son équipement avant le grand jour, il risque de faire très froid et on sera dehors pendant plusieurs heures, en montagne et peut-être dans de mauvaises conditions météo. Le pire est d'avoir froid aux extrêmités. Pour quelques francs, on trouve des semelles isolantes à glisser dans ses chaussures, ainsi que des sachets chauffants à mettre dans ses poches. Les bonnets, écharpes et lunettes protègent autant contre le froid que contre les photos et le fichage.

Fit et alertes
Penser à avoir assez d'heures de sommeil le soir précédent, car la journée risque d'être longue. Bien manger le matin. Emporter des barres de céréales, des fruits secs, du chocolat, etc. avec vous. Dans la neige, un bon thermos de thé chaud peut être utile. Dans la mesure du possible, éviter alcool et drogues avant et pendant la manif (et le déplacement) pour garder l'esprit clair en cas de nécessité. En outre la bière fait pisser (pas pratique) et la possession de drogues illégales constitue un motif contre vous en cas d'arrestation.

Données personnelles
Le fichage est une des manies des flics. Avec l'avènement des caméras numériques et de l'informatique, le croisement de données et le climat sécuritaire suite au 11 septembre, leur champ d'action s'est encore agrandi. Même si on estime qu'on n'a rien à cacher, ne leur facilitons pas la tâche! Utiliser bonnets, écharpes, etc. pour ne pas être reconnu·e. Respecter les manifestant·e·s qui ne veulent pas être photographié·e·s ou filmé·e·s, et éviter les prises de vue qui permettraient à la police d'identifier des manifestant·e·s en cas de saisie de votre pellicule. Par contre photographier les flics s'ils commettent des violences. Parmi la foule se trouvent des flics en civil : donc ne jamais crier de noms quand on appelle quelqu'un·e. Idem dans les gares et pendant le voyage dans les trains.
Laisser les agendas à la maison : nos listes d'adresses ne regardent pas la police. Pareil avec les téléphones mobiles (ou alors effacer les données, ne garder que quelques numéros utiles, éteindre en cas d'arrestation). Par ailleurs, un natel (même éteint) permet de vous localiser. Il semblerait aussi que durant ce genre de sommets, les ondes soient de plus en plus souvent brouillées pour éviter que les manifestant·e·s puissent communiquer par portable. Ne pas se vanter dans les transports ou les établissements publics ou au téléphone.

Protection de l'intégrité physique
On a vu à Göteborg et à Gènes que la police est allée jusqu'à recourir aux balles réelles. Mais généralement elle utilise des armes dites " non-létales ", c'est-à-dire qui ne sont pas censées tuer (ça passe mieux dans l'opinion publique...), ce qui ne veut pas dire qu'elles sont dénuées de danger. La meilleure façon de se protéger est de les connaître, de s'équiper en conséquence et ne pas prendre de risques inutiles.
Balles caoutchouc: L'impact dépend de la taille des projectiles, de la distance et du réglage des lanceurs. Prévoir vêtements épais et rembourrés, lunettes de protection (dans tous les bricos), tester si elles ne font pas trop de buée. Attention aux lunettes médicales ou de soleil dont les verres peuvent se briser et faire des éclats. En cas de tirs, tourner le dos et se protéger la tête. Les banderoles en bâche plastique épaisse tenues avec des bouts de bois horizontaux peuvent constituer une protection collective efficace.
Gaz lacrymogènes: Divers gaz peuvent être utilisés. Irritent les yeux et les voies respiratoires. Prévoir lunettes les plus étanches possibles (p.ex. de piscine), respirer à travers des foulards ou écharpes. Les masques de brico à charbon actifs sont chers et pas forcément très efficaces. Dans un premier temps, les lentilles de contact protègent un peu les yeux, mais rapidement c'est encore pire avec le frottement (lésions possibles). Quant aux crèmes solaires, maquillages et autres lotions, elles ont tendances à fixer les gaz, donc à éviter. Ne pas paniquer ! Ne pas bousculer les autres personnes. Plus on s'affole, plus on a besoin d'air. Donc marcher rapidement sans courir pour sortir des nuages de gaz.
Certain·e·s utilisent du sel, du vinaigre ou encore de la fumée (de feu ou de cigarette) contre les lacrymos, on sait pas trop... Par contre on peut se rincer les yeux avec du sérum physiologique (do-it-yourself: 10g de bicarbonate de sodium pour 1 litre d’eau stérile).
Les douilles de lacrymo sont brulantes, donc ne pas les toucher sans gants. En rentrant, se doucher et changer d'habits pour se débarasser le plus vite possible des restes de lacrymo. Consulter un médecin en cas de symptomes persistants (vomissements, maux de tête, éruptions cutanées, malaises, déficience respiratoire,…).

Canons à eau: Les jets peuvent être très puissants. Attention, parfois du gaz est mélangé à l'eau. A éviter en hiver !? Prévoir vêtements imperméables et habits de rechange !

Matraques: habits rembourrés, (protections diverses - hockey, foot, gilet de sauvetage,…- ou assemblage artisanal de chambres à air ou bouteilles en PET).

Dans tous les cas, ne pas se surestimer. Plus on cherche le contact avec les forces de répression, plus les risques sont grands. Nous n'avons ni l'ambition d'être des héros, ni des martyrs. Se souvenir qu'il y a des gens qui n'ont pas l'envie ou pas les moyens de participer à des affrontements physiques. Rester groupé·e·s pour empêcher les arrestations individuelles. Faire des groupes d'affinités avec des ami·e·s.

Premiers secours
Ne pas paniquer, faire des chaînes humaines autour des blessé·e·s, chercher du secours, etc… En cas de maladie grave ou d'allergies, emporter dans votre porte-monnaie des indications y relatives. Si d'ordinaire on doit prendre des médicaments, en emporter pour plusieurs jours (en cas d'arrestation).

Autre matériel utile
Carte téléphonique, un peu d'argent, habits de rechanges, de quoi écrire (en cas d'abus policiers, écrire le plus tôt possible tout ce qui s'est passé ; avec le temps, la pression et les ragots, les souvenirs deviennent flous), des tampons hygièniques (les lacrymos peuvent déclencher les règles). Par contre, laisser les piercing, boucles d'oreilles et animaux de compagnie à la maison.

Contrôles/Arrestations
Il n'est pas possible ici de faire un guide juridique détaillé. Retenons que des lois différentes peuvent s'appliquer selon les cantons traversés pour se rendre à Davos. Il n'y a pas d'interdiction de se masquer dans le canton des Grisons, mais la police a d'ores et déjà annoncé qu'elle entendait confisquer pétards, casques de motos, masques à gaz, sprays au poivre ou objets et habits de protection qui pourraient être utilisés lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. En cas de confiscation, demander un reçu si vous voulez avoir une chance de récupérer vos biens. Pour jouer la carte de l'intimidation, la police prétend vouloir filtrer les manifestant·e·s à Fideris (après Landquart). Si par solidarité tout le monde refuse de décliner son identité, elle devra soit laisser tomber, soit embarquer tout le monde, dans quel cas les autorités devront assumer d'ouvrir des stades ou des salles de gym pour empêcher une manifestation soi-disante autorisée. Si l'on prend tout de même ses papiers (ce qui n'est pas obligatoire pour les citoyen·ne·s helvétiques), les planquer pour qu'ils ne soient pas trouvables lors d'une fouille sommaire. En cas d'arrestation, criez votre nom pour faciliter le travail de l'anti-répression. Durant les interrogatoires, vous avez le droit de vous taire (il faut déclarer uniquement nom, adresse et date de naissance). Ne pas s'auto-inculper. Ne donner aucun nom. Ne pas se laisser prendre dans le jeu d'un flic gentil qui fait semblant d'être conciliant alors que son collègue est agressif. Pour plus d’infos juridiques on pourra lire la brochure “Informations pratiques pour les manifestant·e·s” de la coordination anti-OMC-Genève.

Téléphoner en cas d'arrestation, ou pour témoigner sur les violences ou arrestations dont vous seriez témoins. Rappeler pour annoncer quand vous êtes libéré·e.
Centre LAVI-VD, Prairie 34, 1007 Lausanne (Loi sur l’aide aux victimes d’infractions)

Nos de téléphone du groupe anti-répression de l'Alliance d'Olten: 079/568.60.83 ou 079/603.57.81(dès mercredi 21.01.03)
Ou encore (du 24 au 26): 079/565.85.02 (fr)
No de téléphone de l'anti-répression de Revolutionärer Aufbau: 079/626.84.21