LAUSANNE
ENCORE UNE
INFILTRATION DE GROUPES POLITIQUES PAR DES AGENT-E-S DE SECURITAS
Le 12 juin
2008, le reportage de la TSR Ç Temps prsent È rvlait au public
quĠun groupe de travail dĠAttac-Vaud avait t infiltr, de 2003 2004, par
une agente de Securitas, se prsentant sous la fausse identit de Sara Meylan,
pour le compte de lĠentreprise transnationale Nestl. Quelques semaines plus
tard, le groupe anti-rpression de Lausanne (gar)*, apprenait quĠil avait t
gratifi du mme genre dĠintrusion indsirable.
*Le gar
est un groupe de militantes et militants qui depuis plusieurs annes sĠest fix
pour but dĠexaminer les questions concernant la rpression, dĠinformer les gens
sur leurs droits, particulirement lors de manifestations, de recueillir des
tmoignages de personnes ayant subi des actes de rpression et de conseiller
sur lĠattitude avoir en cas dĠinterpellation, dĠarrestation, dĠenqute ou
dĠappel tmoigner. A ces tches sĠest ajout un travail de terrain avec
des permanences lors dĠimportantes manifestations (G8, anti-WEF, etc)
Lausanne ou ailleurs.
Le gar veut aussi effectuer un travail dĠinformation large : rendre
public les vnements et les tmoignages qui relvent directement de la
rpression. Ce travail se fait par diffrents moyens : par lĠentremise de
communiqus de presse, de rapports recueillant tmoignages et chronologies
dĠvnements ou par des interventions lors des manifestations qui traitent du
thme de la rpression.
Sous la fausse
identit de Shanti Muller, la cheffe du Crime Investigation Service (CIS),
service dĠinvestigation de la filiale lausannoise de Securitas a frquent le
gar ds lĠautomne 2003 et jusquĠ lĠt 2005.
Ces pratiques
nous inspirent quelques rflexions, que nous allons exposer ci-aprs, lĠintention,
dĠabord, des personnes directement touches par cette infiltration ;
ensuite, du public.
Dans un premier
temps, nous souhaitons tablir les faits. Nous indiquerons brivement le
parcours de lĠagente auprs du gar. Puis, nous tenterons dĠnumrer les espaces
qui, notre connaissance, ont t infiltrs par cette mme personne.
Dans un
deuxime temps, nous effectuerons un tour dĠhorizon pour cerner les activits
de Securitas, leur ampleur, les liens de lĠentreprise avec ses partenaires
politiques et conomiques. Cela nous permettra de donner une ide de
lĠimplantation des firmes de scurit prive dans le paysage institutionnel
environnant.
Dans un
troisime temps, nous livrerons le bilan politique que nous faisons de cette
affaire.
Enfin, nous
proposerons quelques considrations que nous souhaiterions utiles pour
lĠavenir.
I PARCOURS
DE LĠAGENTE
LĠagente se
faisant appeler Ç Shanti Muller È raconte tre issue dĠune famille de
cooprant-e-s franais-es, avoir t scolarise dans un institut de bonnes
sÏurs et avoir appris le maniement des armes Djibouti. Encore mineure, elle
se serait enfuie en Inde avec son amoureux tatoueur. Ultrieurement elle y
aurait fait du travail humanitaire, puis se serait fait expulser dĠInde pour
avoir trafiqu ses visas.
On est loin de
la personnalit efface de Ç Sara Meylan È. Ç Shanti
Muller È est vive, rit volontiers, sĠintresse aux personnes et joue sur
le registre de lĠamiti, se rendant par exemple au domicile de personnes
quĠelle ctoie.
Cette personne
commence son travail dĠinfiltration fin 2002 Genve. Elle suit rapidement ce
qui se passe Lausanne, participe notamment des runions de prparation de
l'anti-G8, puis est prsente au village alternatif pendant le sommet. A
lĠautomne 2003, elle commence suivre avec assiduit les runions du groupe
anti-rpression et fait preuve dĠun grand intrt et de beaucoup de motivation.
Arrivant de nulle part, avec un pass invrifiable, mais dans un contexte o
beaucoup de nouvelles personnes se mobilisent, il est dcid de ne pas tre
paranos et de lui faire une place au gar, malgr les soupons quĠelle a
suscit. Elle participe donc aux sances du gar, sances non ouvertes au
public. Elle a par ailleurs accs aux donnes et tmoignages des victimes de
rpression policire, donnes confidentielles.
Dans le cadre
des mobilisations anti-WEF 2004, lors de lĠencerclement Landquart, o plus de
1'000 personnes ont t fiches, elle se fait matraquer par la police et est
blesse lĠarcade sourcilire gauche. Un accident de travailÉ Elle est alors
vacue par ambulance dans des conditions peu claires.
Ç Shanti
Muller È ratisse large. Le travail de la taupe dpasse clairement le cadre
du gar Lausanne : elle prend part aux manifestations anti-WEF et
anti-G8, au moins une manifestation pour la protection des animaux, est
active dans les quipes sanitaires dans les manifestations et sĠapprochera de
certains squats, entre autres en participant des ftes ou des repas. Sur
Genve, elle est proche du Forum social lmanique (FSL). Elle assiste aussi
des runions de lĠanti-rpression nationale Berne. Elle sĠintresse donc
plusieurs groupes et rseaux, et sĠen approche avec plus ou moins de succs. Il
appartient dsormais ces groupes de dcider sĠils souhaitent faire connatre
davantage ce que la taupe a fait chez eux.
En juin 2005,
elle dit devoir partir en France au chevet de sa mre souffrant dĠun cancer. En
automne de la mme anne, elle nous dit avoir elle-mme de trs graves
problmes de sant et devoir rester auprs de sa mre. Nous ne lĠavons plus vue
depuis. Elle envoie cependant quelques messages de loin en loin. Fin 2007
encore, pendant le tournage du Temps prsent sur le Nestlgate, nous recevons une gentille petite
carte postale dĠInde demandant de nos nouvelles et indiquant quel point nous
lui manquons. Une attention dsormais peu apprcie.
II SECURITAS,
LE PARTENAIRE UTILES EN TOUTES CHOSES
Securitas, ce nĠest pas
seulement le garde ppre au bret bleu faisant ses rondes de nuit. Cette
entreprise familiale, cre il y a 101 ans et au chiffre dĠaffaires de 800
millions en 2006[1], a largement
diversifi ses tches, et lĠinfiltration pour le compte de Nestl ou dĠautres
client-e-s nĠest quĠun aspect parmi tant dĠautres. En y regardant de plus prs,
on sĠaperoit que Securitas remplit de nombreuses fonctions dans diffrents
domaines, dont certaines taient auparavant rserves la police. Amnesty
International dnonce la dlgation de tches policires des entreprises
prives comme Ç risque pour les droits humains È et rapporte de
nombreux tmoignages faisant tat de violence injustifie de la part
dĠagent-e-s de Securitas[2].
QuĠon sĠentende bien : il ne sĠagit pas pour nous de revendiquer une
police plus puissante, nos motivations ne sont pas les mmes que celles du
syndicat de la police. DĠailleurs, nous ne pensons pas non plus que cette
dlgation nuise la police (tout au plus au salaire des policiers), bien au
contraire. Police, arme et entreprises prives travaillent allgrement main
dans la main, et cela pas que pendant lĠEurofoot ou le WEF, mais au quotidien.
Concrtement :
á
Maintien de lĠordre sur la voie publique.
Pour lutter
contre les actes de vandalisme, Securitas patrouille sur mandat des autorits
communales, par exemple Worb (Berne)[3],
Frauenfeld (Thurgovie)[4],
Reinach (Ble-Campagne)[5],
Menzingen (Zoug)[6],
Untergeri (Lucerne)[7],
Cugy (Vaud) pour ne nommer que quelques communes. A Uetikon (Zurich), la
commune a engag ce printemps des patrouilles avec chiens. Cette mesure est,
selon les dires des autorits, un changement de paradigme dans le concept de
scurit de la commune, Ç de la communication vers plus de
rpression È[8].
A mentionner
galement dans cette catgorie, la surveillance des parkings publics et la
chasse aux sacs poubelles illgaux.
á
Maintien de lĠordre lors dĠvnements sportifs.
Les
agent-e-s de Securitas rglent la circulation lors de matchs de foot, de
concerts et de manifestations prives sur mandat des autorits communales ou
cantonales. Par exemple, lĠEurofoot, o Securitas et Protectas ont form un
consortium PriSecE08[9].
á
Maintien de lĠordre lors de manifestations
politiques
Durant le G8
Evian, Securitas a collabor trs troitement avec la police cantonale
vaudoise. DĠailleurs, le chef des gendarmes vaudois, Alain Bergonzoli, est un
ancien cadre de Securitas[10].
Autre exemple, en janvier 2008, un agent de Securitas a t observ en train de
filmer les manifestations anti-WEF.
á
Maintien de lĠordre dans des tablissements
publics.
Securitas
est de plus en plus prsente dans les tablissements scolaires, par exemple au
collge Kollegium Schwyz[11]
o les agent-e-s patrouillent pour empcher des actes de vandalisme sur le site
de lĠcole. Comme cette mesure nĠa pas donn les rsultats escompts, le
recteur mise prsent sur la vidosurveillance – en plus des Securitas,
bien sr.
Securitas
est galement mandat pour contrler lĠaccs plusieurs services
administratifs vaudois, la Service de la Population (SPOP) et le Service de
Prvoyance et Aide Sociale (SPAS), pour en nommer deux.
Certains
hpitaux recourent aussi Securitas, en plus de leur propre service de
scurit[12]. Par
exemple lĠHpital universitaire de Zurich et le CHUV Lausanne, o un
Securitas contrle lĠentre au service des urgences (et renvoie les mal-peign-e-s ?)
A lĠhpital de Saint-Gall, les agent-e-s sont mme accompagn-e-s de chiens.
á
Maintien de lĠordre dans les transports publics.
Chez les CFF
bien sr, o une entreprise a spcialement t cre cet effet en 2001 :
Securitrans (appartenant 51% aux CFF et 49% Securitas). Cette police
ferroviaire dispose de plus de comptences que les autres Securitas[13].
DĠautres
entreprises de transport public ont recours Securitas, par exemple Bern
Mobile (pour les bus de nuit)[14].
á
Maintien de lĠordre lĠaroport.
Custodio AG,
une filiale de Securitas, se charge de la scurit de lĠaroport de
Zurich : contrle des bagages et des passagers/res.
á
Transport et surveillance de prisonniers/res.
Encore une
troite collaboration entre Securitas et les CFF, cette fois sur mandat de la
Confrence des directrices et directeurs des dpartements cantonaux de justice
et police (CCDJP) et avec le soutien financier de la Confdration (qui prend
en charge 34% des frais chaque anne). Ces deux entreprises ont dvelopp un concept
pour le transports intercantonal des prisonniers/res (rebaptis
Jail-Transport-System)[15].
Les CFF mettent les wagons disposition, Securitas assure la surveillance dans
les trains ainsi que les transports sur route. Tout transbordement, mise de
menottes, etc. serait cependant exclusivement effectu par la police. Ce projet
lucratif (env. 4 millions par an pour Securitas), dĠabord limit cinq ans, a
t prolong de cinq autres annes en 2005. Le consortium souligne lĠaspect
cologique (transports groups) et le respect des droits de la personne. Ce
dernier point est particulirement cynique si on tient compte de la taille des
cellules (1,34 m2) et des Ç cellules familiales È, un peu
plus grande, souvent utilises puisquĠenviron un tiers des personnes transportes
sont des dtenu-e-s en vue de refoulement[16].
A noter galement que les mineur-e-s Ç dlinquant-e-s È sont
transport-e-s dans le mme wagon, donc avec des personnes majeures[17].
Securitas
semble avoir de lĠexprience avec les mineur-e-s, puisquĠil sĠoccupe galement
du Foyer des Prles, un tablissement dĠexcution des mesures du canton de
Berne dpendant de la Direction de la police et des affaires militaires du
canton de Berne et disposant entre autres dĠun tablissement ferm et de
quartiers disciplinaires. Ces derniers ne disposent mme pas dĠune cour de
promenade. Suite au rapport 2001 du Ç Comit europen pour la prvention
de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dgradants È[18]
dnonant ce point, les jeunes peuvent prsent sortir accompagns dĠun
Securitas, une exprience trs positive selon la Direction de la police et des
affaires militaires, qui omet toutefois dĠen indiquer la dure et la frquence[19].
Des
Securitas ont galement jou aux matons pendant au moins quatre mois en 1998
dans les prisons bernoises, sur mandat du canton, pour pallier aux diverses
vasions[20]. Et
Securiton (une filiale de Securitas) sĠest charg des installations de scurit
de la prison prventive de Grosshof Kriens[21].
á
Surveillance dans les centres pour requrant-e-s
dĠasile.
Petit dtail
rvlateur : sur le site Internet de Securitas, le domaine de lĠasile
nĠest pas list dans les prestations mais juste voqu dans la rubrique
Ç Transport de dtenus È. Cela illustre bien lĠapproche de Securitas.
Les centre
dĠenregistrement et de procdure (CEP) sont grs conjointement par lĠORS
Service AG et Securitas, sur mandat de lĠOffice fdral des migrations. De
nombreux cas de violences (bras cass, contusions, etc.) ont t documents[22]
mais les autorits sĠalignent toujours sur lĠargumentation des Securitas,
rejetant la faute la victime.
Les
agent-e-s de Securitas sont aussi prsent-e-s dans de nombreux autres centres,
sur mandat des cantons ou des communes. La nouvelle loi sur lĠasile, en vigueur
depuis le 1er janvier 2008, leur permet de harceler encore plus les
requrant-e-s dbout-e-s. A Zurich, un requrant NEM a demand au responsable
du centre dĠAltstetten pourquoi ils taient contrls aussi souvent.
Rponse : Ç Pour vous rendre la vie dure afin que vous partiez plus
vite È.
Voil
pour les missions officielles de Securitas sur mandat des autorits. Pour
rappel, voici une brve vue dĠensemble des services proposs aux entreprises
prives et aux particuliers : surveillance dĠobjet (btiment, chantier, surveillance
par ronde ou agent-e sur place en permanence, surveillance pendant les
vacances) ; service dĠordre lors de concerts et autres vnement, service
de circulation ; protection de biens et de valeurs, protection lors de
transports ; protection de personnes ; centrale dĠintervention. Et
nĠoublions pas les diffrentes filiales de Securitas proposant des solutions
techniques[23],
principalement dans le domaine des systmes de scurit, systmes dĠalarme et
systmes anti-feu, ainsi que le contrle dĠaccs et la destruction des
documents (pratique pour faire disparatre les documents compromettants...). A
noter : Polyright, une joint venture de Securitas et Kudelski[24]
qui propose un systme de gestion dĠaccs. Polyright se charge entre autres du
systme de gestion des cartes dĠtudiant-e-s et du contrle dĠaccs pour
diffrentes universits en Suisse, de mme que du contrle dĠaccs pour des
cliniques et hpitaux ainsi que pour diverses entreprises prives. Petit dtail
intressant : Lucien Gani, membre de la Direction de Groupe Kudelski
depuis 2006 et responsable des affaires juridiques du Groupe, tait de 1998
2008, membre du conseil administratif de CIS, division de Securitas spcialise
dans lĠinvestigation.
A
cela sĠajoutent, tant pour les entreprises prives que pour les autorits
publiques, diverses missions dĠespionnage en tout genre. LĠinfiltration
politique nĠest quĠune corde leur arc et ne reprsente sans doute quĠune
petite part des recettes des Ç investigations services È proposs par
la filiale CIS SA Kloten : lĠespionnage industriel et commercial est
certainement plus lucratif. Et comme Securitas fait ses rondes de nuit dans des
milliers dĠentreprises, on peut se demander si Securitas sait rsister la
tentation : ce serait si simple de choisir la bonne cl dans lĠimmense
trousseau ou de dsactiver le systme dĠalarme au bon moment...
Selon
diffrentes sources[25],
Securitas et dĠautres entreprises prives fouinent aussi allgrement chez les
particuliers/res : ainsi, elles traquent les assur-e-s sur mandat des
assureurs-maladie, les prcaris-e-s sur mandat des communes et les invalides
sur mandat de lĠAI. Certaines entreprises sĠinfiltrent aussi dans des
entreprises pour lucider des vols et informent en passant la direction sur les
convictions politiques et les activits syndicalistes des employ-e-s. A part
a, CIS souligne aussi ses comptences dans le domaine de la surveillance et la
collecte de preuves (par quels moyens ?) dans le domaine du
hooliganisme... Et vive lĠEurofoot et le renforcement de la Loi fdrale
instituant des mesures visant au maintien de la sret intrieure (LMSI) !
Pour
obtenir un tel succs et une telle omniprsence, rien ne vaut le
rseautage ! Securitas est spcialiste en la matire et vouloir dmler
la pelote, on sĠy emmle de plus en plus. Il nĠempche que certains liens sont
frappants[26]. DĠabord,
Securitas est trs active au sein de la lĠAssociation des entreprises suisses
de services de scurit (VSSU) : Hans Winzenried, directeur gnral de
Securitas, prsident du conseil administratif de Securitrans et prsident du
conseil administratif de Custodio AG, est le prsident de la VSSU. Et comme il
faut aussi soigner les contacts avec les entreprises, Hans Winzenried est
galement membre de lĠUnion patronale suisse. Mais revenons au VSSU, on y
retrouve un autre lment intressant : la vice-prsidence est assure par
Urs Hrlimman, lĠex-commandant de la police cantonale de Zoug, du Service de
Renseignement Stratgique (SRS), qui dpend du Dpartement fdral de dfense,
de la protection de la population et des sports (DDPS). Les liens entre lĠarme
et Securitas sont plus troits que cela : Hans Winzenried prside la
commission de lĠarmement du DDPS, une commission servant de lien avec
lĠconomie, la recherche et le monde scientifique. Reto Casutt est non
seulement le secrtaire gnral de Securitas et membre du conseil
dĠadministration de Securitrans et de CIS, mais il sige aussi au comit de la
VSSU et surtout, il est chef dĠ tat major (Ç Stabschef È) des
auditeurs en chef de lĠarme qui administrent la justice militaire et veillent
sa bonne application. Tous ces contacts avec lĠarme rapporte :: non
seulement parce que le DDPS aurait selon le Blick vers en 2007 13Ġ000 francs
chacun des membres de la commission de lĠarmement comme indemnits journalires
et frais, mais aussi et surtout parce que cela aide srement conclure des
contrats intressants. Par exemple UewSyst, un systme de surveillance de
lĠarme, conu par Securiton et utilis entre autres pour protger le WEF[27].
Le
prsident du conseil administratif de CIS, Jrg Stocker, tait, avant de dĠtre
commandant de Securitrans de 2002 fvrier 2008, commandant de la police de
Lucerne[28].
Sa fonction chez Securitrans est dĠautant plus intressante que le demi-tarif de
Sara Meylan (la taupe dĠAttac) tait enregistr lĠadresse dĠun certain Pascal
Delessert, alors chef de la police ferroviaire romande, actuellement conseiller
municipal radical de Prilly et major lĠarme (signalons en passant que ce
demi-tarif est un faux et que le faux et usage de faux est un dlit poursuivi
dĠoffice...). Le troisime membre du conseil administratif de CIS, Herbet Hck,
est le directeur de Custodio, il est lui aussi membre du conseil administratif
de Securitrans et accessoirement prsident de la communaut dĠintrt Ç IG
Flughafen Zrich È.
Mais
une personne manque encore au tableau des liens entre lĠarme, la police et les
services dĠinvestigations de Securitas : le responsable direct de Sara
Meylan, sous les ordres de Shanti Muller, qui a galement essay de recruter,
en vain, Sbastien S[29].
Bien quĠil ne travaille plus chez Securitas depuis 2005, cĠest lui qui rpond
au numro de portable donn lĠpoque par Sara Meylan au groupe de rdaction
dĠAttac. Il a aujourdĠhui sa propre entreprise de scurit Fribourg,
spcialise dans le domaine des assurances-maladie. Il tient rester anonyme
– menaant les journalistes de reprsailles si son nom est rvl –
car cet ancien officier de la police fribourgeoise et grad de lĠarme a t accus
de pdophilie[30] et a finalement
condamn au TF deux ans et demi de rclusion pour actes dĠordres sexuels sur
mineur[31].
Securitas
a les bras longs et est devenu un partenaire indispensable aux diffrentes
autorits. Le scandale dclench par Nestlgate est certes dsagrable, mais ce
nĠest pas la premire fois que Securitas est sous les feux de la critique. Cela
ne lĠa pas empch de suivre son chemin. Et nĠoublions pas non plus que
Securitas, tout en tant le numro 1 en Suisse, nĠest pas la seule entreprise
du genre.
Rappelons
galement que ce nĠest pas la premire fois quĠune entreprise prive mandate
des espions, un cas au moins a t rvl au grand public il y a quelques
annes : Manfred Schlickenrieder, qui avait infiltr (sans doute sur
mandat des services secrets) pendant des annes les mouvements rvolutionnaires
en Allemagne et en Suisse, dvoil par le Revolutionren Aufbau en 2000[32],
espionnait aussi sur mandat dĠune entreprise de scurit prive, Hakluyt, sise
en Angleterre. Cette agence, appartenant un ancien membre du MI-6 (les
services secrets anglais), lĠavait entre autres charg dĠobserver Greenpeace,
sur mandat de Shell. Le dtail qui tue : John Hedley, responsable de la
scurit chez Nestl pendant le G8 tait lui aussi membre du MI-6...
III EN GUISE DE
BILAN POLITIQUE
Cette
entreprise prive de scurit a infiltr le groupe anti-rpression de Lausanne
(gar). Elle a infiltr aussi dĠautres groupes du mouvement anti-capitaliste ou
protestataires, dans les cantons de Vaud et Genve, ainsi que des rseaux de
coordination interrgionaux.
Sommes-nous
surpris-e-s ? Mmmh.
Le contexte
scuritaire
Nous pensons quĠaucun
pouvoir, quĠil soit priv ou dit public, ne renonce espionner celles et ceux
dont il pense quĠils/elles peuvent lui porter atteinte. LĠhistoire suisse
rcente nous en a donn de bonnes illustrations. En 1976 tait rvle
lĠactivit dĠErnst Cincera, conseiller national radical zurichois qui rcoltait
et stockait de sa propre initiative des informations sur les personnes de
gauche et les transmettait aux autorits et aux entreprises prives. En 1989
clatait lĠaffaire des fiches : sous prtexte de pril rouge, une quantit
effarante de donnes ont t rcoltes et rpertories sur le compte de prs de
900'000 personnes, qui exeraient, ou taient souponnes dĠexercer, leur droit
dĠexpression et de runion Plus rcemment, en 2000, le systme dĠespionnage des
tlcommunications du Service de renseignement stratgique, dsormais connu
sous le nom dĠOnyx, a t perfectionn, ce qui a valu son responsable le prix
Big Brother Awards en 2006. Ce systme, petit frre dĠEchelon, sert espionner
les communications par tlphone, tlcopie, messagerie lectronique.
Les moyens de surveillance
sont divers et varis ; ils se multiplient depuis quelques annes,
particulirement depuis 2001, en se nourrissant du riche substrat que fournit
le discours sur la lutte contre le terrorisme. On relvera notamment
lĠintroduction croissante de mesures dites prventives, prsentes comme
ncessaires pour se prmunir de dangers prsums. En Suisse, la Loi fdrale du 21 mars 1997 instituant des mesures
visant au maintien de la sret intrieure (LMSI) et le projet de son
renforcement en donnent un aperu que dĠaucun-e-s considrent sans sourciller
compatible avec un Etat dit de droit : le Service dĠanalyse et de prvention
(SAP), rattach au SRS du DDPS, rclame des moyens supplmentaires, notamment
la possibilit de rmunrer des agent-e-s infiltr-e-s et de disposer de
fausses identits[33].
Tout prs de chez vous, encore, les entreprises prives de scurit font feu de
tout bois - pour bien chauffer leurs actionnaires - en offrant des moyens
supplmentaires, parallles, auxiliaires, obscurs et discrets de surveiller
cette engeance menaante qui sĠobstine ne point sĠaccommoder du capitalisme.
Alors, sommes-nous surpris-e-s ?
Mmmh. Nous ne le sommes pas. Cela ne signifie pas pour autant que nous
acceptions de telles manigances comme des rgles du jeu lgitimes : ce
sont celles de la loi de la jungle dont le capitalisme est coutumier. Le
capitalisme ne respecte rien ni personne, hormis, trs ventuellement, sous la
contrainte. Il dvore tout ce quĠil trouve sur son passage, pour le dfquer
sous forme de profit.
Quand le pouvoir veut
intgrer la critiqueÉ
Depuis les blocages qui ont
russi perturber la confrence ministrielle de lĠOrganisation mondiale du
commerce (OMC) Seattle, en 1999, les milieux conomiques ont peru la menace
que peuvent reprsenter des mouvements anti-capitalistes radicaux. Ils ont donc
dploy des moyens sur deux plans : rpression et intgration. La
surveillance et le fichage des groupes font partie de lĠaxe rpression ;
on dira quĠici, par rapport ce qui se passe dans dĠautres pays, nous avons
encore de la chance : on ne nous tire pas (encore) dessus balles
relles. LĠautre axe, celui de lĠintgration de la critique, se droule sous
nous yeux de mdia-spectateurs/trices : OMC et WEF multiplient les efforts
de communication pour se montrer plus civiliss quĠils ne le sont ; ils
font mine dĠouvrir leurs forums des ONG et de prner le dialogue
constructif ; ils sĠapproprient les discours sur les proccupations du
moment, tout en poursuivant leur Ïuvre de destruction sur le terrain du
concret. Que voulez-vous de plus : une conomie responsable qui recherche
lĠintrt commun et se proclame moyen de lutte contre la pauvretÉ
Vous nĠy croyez pas ?
Nous non plus, raison pour laquelle nous participons aux luttes pour
lĠinstauration dĠautres types de rapports sociaux. Et lorsquĠon aborde ce
chapitre, un thme vient systmatiquement polluer la discussion : celui de
lĠemploi de la violence. Non pas celle que le systme capitaliste, les
entreprises transnationales et les gouvernements qui leur sont allis dploient
contre la plante, ses habitant-e-s, sa flore, sa faune. Non, celle-ci on lĠescamote :
sacrifice sur lĠautel du profit et du Ç dveloppement È, fut-il
Ç durable È. CĠest de lĠemploi de la Ç violence È par
celles et ceux qui tentent de limiter les dgts, voire de sortir dĠun systme
intrinsquement destructeur, quĠil est question.
La vieille rengaine de la
violenceÉ
LĠexprience nous montre que
les mouvements sociaux, quoi quĠils fassent, sont accuss de violence par
celles et ceux quĠils visent, souvent soutenus par les mdias. LĠexemple rcent
dĠAttac nous le montre encore une fois : dans le cadre dĠune affaire bien
connue similaire celle qui nous occupe, Attac est accus par les avocats de
Nestl et de Securitas dĠtre un groupe violent, car il participe
lĠorganisation de manifestations qui peuvent Ç dgnrer È ,
alors mme quĠAttac se prsente et agit comme mouvement aux moyens pacifiques.
Bref, nous nous trouvons face
des groupes dĠintrt rompus lĠart de retourner les choses : autrement
dit, manipuler. LĠagresseur devient lĠagress. LĠavocat de Nestl, lors dĠune
audience devant un tribunal le 23 juillet 2008, a dclar que la campagne
dĠAttac dnonant les agissements de la firme constituait une agression.
LĠavocat de Securitas, lors de cette mme audience, est all jusquĠ prsenter
comme un danger le mouvement anti-guerre de 2003, qui sĠagitait dans tous les
coins de la plante. Priode chaude en vrit, mais il est loisible de se
demander lequel, de la guerre ou du mouvement anti-guerre, est le plus menaant
pour les populationsÉ Alors, on parle de la menace sur qui, au juste ? De
la menace contre celles et ceux qui sĠarrogent le droit de dtruire sans
entraves et utilisent nĠimporte quel moyen lorsquĠils/elles rencontrent des
obstacles sur leur chemin, y compris les milices prives ?
Éentonne par la sociale
dmocratie
Eh oui, il y a beaucoup de
choses dire au sujet de la violence. Et beaucoup sont dites dans lĠintention
de diviser les mouvements sociaux. Ce qui, hlas, russit dans certains
secteurs de la social-dmocratie. Rappelons, par exemple, les dclarations de
Cesla Amarelle, prsidente du Parti socialiste vaudois, devant le Grand-conseil
du mme pays : indigne, juste titre, de lĠinfiltration dĠAttac par
Securitas pour le compte de Nestl, elle lance : Ç Ce ne sont pas les
casseurs du G8 quĠon a cherch infiltrer, ce sont bel et bien des docteurs en
histoire, des scientifiques de lĠUniversit de Lausanne È.[34]
Hormis le fait quĠon ne voit pas comment Mme Amarelle pourrait savoir sĠil y
avait ou non des docteurs en histoire et des scientifiques parmi les Ç casseurs È
du G8, propos qui nĠont pour effet que de rvler ses reprsentations
sociologiques des mouvements sociaux, nous considrons quĠuser du terme de
Ç casseurs È ne sert quĠ rduire lĠaction politique du simple
vandalisme .Ensuite, nous prenons note que le Parti socialiste vaudois laisse
entendre que ce qui est choquant nĠest pas lĠinfiltration de mouvements
politiques, mais le statut des groupes infiltrs. Et si les espionn-e-s sont
des Ç casseurs È ses yeux, lĠinfiltration serait lgitime. Ce qui
nous parat grave, cĠest que cette position renforce les divisions des
mouvements sociaux au grand avantage du systme en place.
Nous pensons quĠil faut
cesser de proclamer que les atteintes aux biens matriels ou autres
manifestations non autorises font le jeu de lĠadversaire. Ce qui fait le jeu
de lĠadversaire, cĠest dĠentrer dans les divisions quĠil propose.
SĠil y a des troubles
sociaux, il est opportun de sĠinterroger sur leur origine. Ds lors que nous
vivons dans des socits dsquilibres, chacun-e dĠentre nous risque dĠen
subir des dommages, mme sĠil/elle considre ne rien avoir fait de mal
personne. ċnonner des slogans sur lĠinscurit nĠest pas digne dĠun mouvement
de rsistance.
Les socits de scurit,
elles, ont bien saisi le crneau commercial que constitue le thme scuritaire
et profitent de ces discours pour vendre leur camelote. Ce qui, en soi, est
assez cohrent, compte tenu des groupes et des logiques quĠelles servent, qui
ne sont pas les ntres.
Questions et hypothses
Une fois explicite la
question de la Ç violence È, revenons donc celle de lĠinfiltration.
Le groupe anti-rpression de Lausanne a t infiltr par Securitas ;
dĠautres groupe lĠont t aussi. La gendarmerie cantonale vaudoise tait au
courant de ces infiltrations[35] et
sĠen est, au minimum, accommode. A ce stade, nous ne pouvons que dnoncer ces
faits et formuler un certain nombre non exhaustif de pistes de rflexion.
Le 23 juillet 2008, lĠavocat
de Securitas, voquant ce type dĠhypothses, a parl de paranoa. On a vu
lĠagresseur agress ; il fallait quĠon sĠattende au perscuteur perscut.
Si nous faisons de la paranoa, nul ne peut nier quĠelle est bien fonde. Et
cela ne donne pas envie dĠenlever sa capucheÉ
Enfin, juste un mot pour ce
qui concerne la qualit humaine des agente-s infiltr-e-s : simuler
lĠamiti, cĠest vraiment sordide.
IV QUE FAIRE DE TOUT CELA ?
Dans les milieux de gauche
aussi, lorsque nous proposons aux groupes ou aux individu-e-s des mesures de
prcaution pour viter lĠidentification et le fichage, on nous regarde avec un
petit sourire en coin et on nous traite de paranoaques. Hlas, nous ne le
sommes pas suffisammentÉ Bien quĠelle ne nous surprenne pas, cette affaire nous
affecte : des donnes sensibles se sont trouves la porte dĠune agente
de Securitas, alors que notre travail avec les gens repose sur la confiance et
sur la garantie de la confidentialit.
Cette sombre histoire nous
encourage ouvrir la discussion, avec les groupes amis, sur les moyens de nous
protger, en prenant soin cependant de rester ouvert-e-s aux personnes qui
souhaitent nous rejoindre sans adopter des procds inquisitoires. Ce qui sĠest
pass entre 2003 et 2005, faut-il le rappeler, nĠest quĠun pisode sur lequel
nous ne souhaitons pas nous focaliser outre mesure. Le relever nous permet de
mettre en vidence les risques dĠinfiltration, qui sont bien rels et
constants.
Ce nĠest pas par hasard que,
en 2005, le Service dĠanalyse et de prvention (SAP) essayait de recruter des
agente-s infiltr-e-s parmi les tudiant-e-s Zurich, au mme tarif que
Securitas, soit Fr. 30.-/heure[36].
Mission : infiltrer lĠextrme gauche. Jrg Bhler, chef adjoint du SAP
cette poque, faisait dĠailleurs tat de ces pratiques au sein des socits de
scurit prive, pour le compte de firmes qui craignent subir des dommages. La
preuve que la police fdrale est bien renseigne ce sujetÉ Ce nĠest pas par
hasard non plus que ce mme SAP rclame en ce moment des moyens supplmentaires
pour rmunrer des agente-s et pour donner ses agent-e-s de fausses
identits ; des moyens plus tendus, aussi, pour surveiller les
tlcommunications.
Nous avons la puce
lĠoreille : veillons ce quĠelle ne devienne pas sous-cutaneÉ
Toute personne qui souhaiterait
nous fournir des informations relatives ces infiltrations peut nous contacter
lĠadresse suivante : gar@no-log.org
Groupe anti-rpression
Lausanne, avec le Collectif des fich-e-s, aot 2008
[1] Basler Zeitung: Der Herr der
Schlssel,
15.08.2007
[2] Amnesty international :
Pour une police respectueuse des droits humains, rsum du rapport Police, justice et
droits humains, pratiques policires et droits humains en Suisse,
proccupations et recommandations dĠAmnesty international, publi en juin 2007. Voir aussi : Die
Sdostschweiz : Schweiz verletzt Menschenrechte, 26.05.2005, Tages-Anzeiger : bergriffe
in Asyl-Zentrum angeprangert, 26.05.2005, 24 Heures : A Ble, entre chiens et gardiens, les
requrants dĠasile dgustent, 13.10.1998 et Die Wochenzeitung : Lichtgestalten der
Sicherheit,
07.04.2005
[3] Der Bund: Tgliche Prsenz der
Securitas,
16.02.2007
[4] Thurgauer Zeitung, Juni 2008, cit
sur le site Internet de Securitas
[5] Basler Zeitung: Einwohner halten
Einbrecher auf Distanz, 08.01.2001
[6] Zuger Woche, juin 2008, cit sur le
site Internet de Securitas
[7] Neue Luzerner Zeitung: Ç Man
fhlt sich umwillkommen È, 11.08.2007
[8] Zrichsee-Zeitung: SIP wird
durch Securitas abgelst, 27.03.2008
[9] ProSecurity (magazine de
Securitas): PriSec08: Securitas lĠEURO 08, mai 2008
[10] 24 heures Rgion La Cte: Le
chef des gendarmes vaudois est un ancien de Securitas, 26.06.2008
[11] Neue Luzerner Zeitung: Kameras
zur Abschreckung,
14.03.2008
[12] Heute: Prgel fr den
Notfallarzt,
14.02.2007
[13] Sur les abus de Securitrans, voir
entre autres: Die Wochenzeitung: Zug um Zug zur privaten Polizei, 22.03.2007 et Der Bund: Securitrans
entlsst Prgler,
09.04.2005
[14] Ber Bund: Kein Ç Safe Way
Home È,
08.04.2003
[15] Neue Zrcher Zeitung: Hftlingstransporte
auf Schiene und Strasse, 16.12.2000; Tages-Anzeiger: Hftlinge reisen kologisch in der
Gruppe, 16.12.2000;
ProSecurity (magazine de Securitas): Sichere Gefangenentransporte, juin 2006
[16] Die Wochenzeitung: Freund und
Entfhrer,
05.01.2001
[17] Point presse du mercredi 23 mars
2005 du Conseil dĠEtat genevois
[18] CPT: Rapport au gouvernement de
la Suisse relatif a la visite effectue en Suisse par le comit europen pour
la prvention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou
dgradants, adopt
le 6 juillet 2001
[19] Rapport du Conseil fdral
suisse en rponse au rapport du comit europen pour la prvention de la
torture et des peines ou traitements inhumains et dgradants (cpt) relatif a sa
visite en Suisse du 5 au 15 fvrier 2001
[20] Der Bund: Mit Securitas gegen
Ausbrecher,
15.04.1998
[21] ProSecurity (magazine de
Securitas): Prison scurise grce Securiton, mai 2008
[22] Amnesty international :
Pour une police respectueuse des droits humains, rsum du rapport Police, justice et
droits humains, pratiques policires et droits humains en Suisse,
proccupations et recommandations dĠAmnesty international, publi en juin 2007. Voir aussi : Die
Sdostschweiz : Schweiz verletzt Menschenrechte, 26.05.2005, Tages-Anzeiger : bergriffe
in Asyl-Zentrum angeprangert, 26.05.2005, 24 Heures : A Ble, entre chiens et gardiens, les
requrants dĠasile dgustent, 13.10.1998 et Die Wochenzeitung : Lichtgestalten der
Sicherheit,
07.04.2005
[23] Voir site Internet de Securitas
[24] Berner Zeitung: Securitas mit
Kudelsky,
19.01.2007; ProSecurity (magazine de Securitas): Scurit accrue au sige
principal de Kudelski,
octobre 2007
[25] LĠHebdo: Les espions du
quotidien,
19.06.2008; Blick: Die VBS-Connection, 27.06.2008 ; Le Matin Dimanche: Les
espions privs vont enfin se faire... surveiller !, 29.06.2008
[26] Voir aussi: Beobachter: Wie die Securitas um sich greift, Beobachter no 14/08 ;
Sonntagsblick: Dubiose Drahtzieher, 22.06.2008 ; 24 Heures : LĠarme
et Securitas entretiennent des liens troits, critiqus pour leur manque de
transparence,
27.06.2008 ; FSFP : Communiqu de presse du 16 juin 2008
[27] La Fdration suisse des
fonctionnaires de police FSFP et le quotidien 24 Heures sĠinterrogeaient sur
des ventes de systmes de scurit de Securitas lĠarme, le magazine de
Securitas nous donne la rponse : Ç Outre les nombreux agents et
htesses Securitas, trois systmes de surveillance ÇUewSystÈ de lĠArme suisse
ont t mis contribution durant ce WEF 2007. Ces systmes conus par la
maison Securiton (...) È. ProSecurity :Grande implication humaine
et technique au WEF,
juin 2007
[28] Le nouveau chef de Securitrans
partir de 2009, Harry Wessner a lui aussi travaill la police lucernoise et
est actuellement chef des services militaires de ce canton
[29] Le Courrier: Espion, un job
dĠtudiant trente francs de lĠheure, 29.06.2008
[30] Berner Zeitung, 9.03.2001
[31] Arrt TF 1P. 158/2003 et Le
Temps, 01.07.2003
[32] www.aufbau.org
[33] Le Courrier / La Libert, 24 juillet 2008, page 4, article de Pierre Pauchard
[34] Propos rapports par le quotidien Le Courrier, 18 juin 2008, page 7
[35] Selon le reportage de la TSR Ç Temps prsent È, du jeudi 12 juin 2008, tmoignage de Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la Gendarmerie vaudoise
[36] 24 Heures Lausanne et rgion, 27.08.2005