Autre numéro




n°12 (décembre 2000)
Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne

L'amidon c'est pas du bidon...

Afficher? Parce que...
L'affichage est un moyen d'informer les gens des activités culturelles, politiques organisées par des collectifs à caractère non commerciaux. La ville croit avoir résolu le problème de l'affichage avec la pose de 29 panneaux... A côté de cela, 600 panneaux (format mondial) sont mis à disposition gratuitement aux institutions lausannoises. C'est très très gentil et une excellente idée! Mais cela ne correspond absolument pas aux moyens (pas le fric pour imprimer des affiches au format mondial), ni aux délais de réservation imposés par la ville! De plus, ce n'est pas à la ville d'organiser notre affichage.

Pub sauvage
En regard des 29 panneaux pour l'affichage libre, les 1400 panneaux de la Société générale d'affichage ($GA) consacrés à la publicité, nous paraissent quelque peu disproportionnés et soulignent les priorités de la ville de Lausanne! De plus, ces derniers temps, les grosses entreprises ne se gênaient pas de pratiquer un matraquage publicitaire sauvage sur les murs de la ville.
Lorsque Olivier Français (OF) affirme que "...on ne peut pas tolérer l'affichage sauvage tout en touchant des redevances de la $GA..." cela peut effectivement s'appliquer à l'affichage publicitaire sauvage, mais n'est en aucun cas applicable pour les affiches non commerciales! Il y a une différence de taille entre des affiches qui sont là uniquement pour nous enfoncer dans le plot que nous n'existons que pour consommer et des affiches à caractère social.

Saleté d'insécurité...
C'est bien connu, les affiches non commerciales créent l'insécurité. Mal collées elles peuvent tomber et blesser grièvement unE passantE ou pire encore rayer une voiture garée sur le trottoir. Ce ne sont pas nos affiches qui créent l'insécurité, mais les politiques anti-sociales en matière de travail, chômage, immigration, asile, handicap, etc.! Les méthodes utilisées par OF augmentent l'insécurité pour les colleurs-euses d'affiche! De plus, déjà avant les déclarations d'OF, l'affichage n'était pas autorisé, au mieux toléré, laissant la place à l'arbitraire policier: les flics ont une marge de manoeuvre leur permettant soit de fermer les yeux, soit d'amender, tout dépend d'où vient l'affiche!

"Porte ouverte" et courant d'air
Curieuse manière d'envisager le dialogue que celle inaugurée par OF: d'abord on fait arracher toute les affiches sauf celles de la $GA, on menace, on interdit, puis on propose gentiment de venir discuter!!! Nous n'avons rien à palabrer avec un municipal qui fait de la politique comme on gère une usine dont le dernier syndicaliste aurait été gentiment remercié!

Surcharge de travail à la voirie
Cette politique répressive n'a pas que des conséquences pour les collectifs et associations. Cela représente aussi une surcharge de travail pour les employéEs de la voirie qui doivent maintenant décoller, répertorier les affiches et ainsi dénoncer les collectifs et associations à l'administration! On ne voit pas pourquoi ils/elles seraient déguiséEs en auxiliaires de police!

Les z'héros de l'intolérance
Nous ne laisserons pas un petit politicien en mal de réélection jouer à l'ex-maire de New York! Le concept de "tolérance zéro" importé des Etats-Unis n'est rien d'autre qu'une gestion policière du social: nettoyage des affiches, des pauvres, des acquis sociaux et augmentation de la répression et du nombre de prisons! Nous proposons à tous les collectifs de bien coller à la colle leurs affiches: ça empêche l'administration de pouvoir les archiver et c'est plus difficile à arracher!

Politise tes inquiétudes... tu inquiéteras les politicienNEs !
Affichage non commercial libre et gratuit




Les phrases qui parlent d'elles-mêmes...

“Nous signons avec des adolescents, généralement âgés de 29 à 38 ans, des contrats de confiance. Après 4 ans, au moment de nous remettre les locaux, ils protestent en invoquant leur droit à un logement. N’introduisons pas dans la Constitution la notion de bébé mouilleur.”

Francis Thévoz, radical, municipal des Finances, constituant et futur candidat à la syndicature, dans une intervention contre l’introduction du droit au logement dans la nouvelle constitution vaudoise

“...Cette prolifération (d’affiches sauvages, ndlr) empêche les associations de quartier ou les manifestations telles Téléthon de s’exprimer. Il est évident que la saleté apporte l’insécurité”. “Si on amplifie la polémique, le problème va se politiser”

Olivier Français, radical, municipal des Travaux (24H, 7.12.00), et face à la remarque que lui-même a eu recours à l’affichage sauvage pour sa campagne électorale (24H, 2-3.12.00) :

“...quand on donne des ordres, on ne maîtrise pas tout”

“Je sens monter la vague de violence urbaine”.“La banlieue, c’est désormais chez nous”

Pierre Aeppli, commandant de la police cantonale, 24H, nov. 99. Une année après, l’Histoire lui a donné raison. Les banlieues de Renens et Prilly ont explosé. Même Pully et Morges n’ont pas échappé au processus de violence qui a conduit à l’anéantissement de la capitale vaudoise et instauré le chaos.



International

Libérez les prisonniers politiques du monde entier, maintenant !

Samedi 16 Décembre 2000 se déroulera dans les locaux de Tir Groupé (pl. du Château, Ancienne Ecole de Chimie) un après-midi de soutien à MUMIA ABU JAMAL et LEONARD PELTIER prolongé jusqu’au 24 décembre 2000. Ces deux cas de condamnation à mort et emprisonnement à vie (vraiment pas exceptionnels) sont de parfaits exemples de coups montés par le F.B.I. et la «justice» américaine pour réduire au silence des leaders défenseurs des droits des minorités aux U.S.A.
«Le fait que votre corps soit prisonnier ne signifie pas que votre esprit n’est pas libre (...) car notre esprit c’est nous.» Cette phrase de Mumia est une lueur d’espoir dans la noirceur de ses 20 années d’emprisonnement. «Notre travail reste inachevé tant que des êtres humains ont faim ou sont martyrisés, qu’on oblige des personnes à mourir à la guerre, que des innocents se morfondent en prison, et qu’on persécute encore des hommes et des femmes pour leur croyances.» Par ces mots Leonard nous dit également de persévérer même si on ne récolte pas ses fruits dès qu’on plante l’Arbre... Venez donc vous informer, lire leurs textes et goûter ce Samedi à Tir Groupé (animations pour enfants prévues). Dans la continuation le 6 janvier l’Espace Autogéré vous propose une soirée de soutien à la même cause. Vous pouvez adresser vos messages de protestation en faveur de Mumia, à:

Governor Thomas Ridge / Main Capitol Building / Room 225 / Harrisburg PA 17120 / USA
Juge Wiliam H. Yohn Jr / United State District Court / 609 US Court House / 601 Market Street / Philadelphia PA 19106
William Jefferson Clinton /The White House /Washington D.C /USA

Et pour Leonard, le site suivant permet d’envoyer sans frais des messages à la Maison Blanche :
http://www.globalexchange.org/campaigns/usa/peltier/getInvolved.html

Le plan Colombie ou comment déclencher une guerre pour renforcer l’Etat.

Le Plan Colombie est un programme de guerre “anti-drogue”(cf. T’Okup’ 11) et de renforcement de l’État dicté par le gouvernement des États-Unis. Ceux-ci offrent 1,6 milliards de $ en armes (américaines évidemment). L’europe est solicitée pour apporter 4 milliards de $ en “aide civile” (camps pour les populations déplacées, etc.). La part des Colombiens serait de 4 milliards de $. La Colombie étant déjà hautement endettée, la somme sera prêtée par le FMI en échange d’un nouveau “plan d’ajustement structurel” (privatisations, etc.) ! Les Colombiens devraient aisni vendre leur pays pour financer sa mise en pièces.
Le président Pastrana et les transantionales impliquées seront certainement à Davos. Une raison de plus pour empêcher le sommet.

Pour en savoir plus, contacter Action Populaire Contre la Mondialisation (ACMP), 15 R. Des Savoises, 1005 GE, ou consultez le site de l’AMP www.agp.org.



Votations fédérales du 26 novembre: Un cauchemar de fées qui vire au conte

Il était une fois (de plus) le Bon Peuple suisse (le petit 40% des ayant droit qui va voter) qui réitérait son attrait pour le régime de Frik Roi et de la Reine Matrak!
Et tout cela n’avait l’air que d’une calme fin de semaine électorale..... mais, dans le fond, les gens les plus alertes pouvaient entendre quelque chose qui minait sournoisement ce mode de vie traditionnel si bien rodé par des décennies de pratiques xénophobes, autoritaires et antisociales, alors que, à première vue, tout était resté comme il faut que ce soit!
Que les gens doivent travailler toujours plus pour moins d’argent dans des conditions de travail qui s’empirent toujours plus (et cela jusqu’à ce que mort s’ensuive) était bien le message reproduit par les urnes. Que pour toute éventualité (...) les forces morales armées étaient toujours bien là, intactes - et prêtes à s’agrandir - a aussi été extrait de ces urnes.
Inutile d’aller chercher les origines de ce bruissement dans les médias, chacun ayant déjà fait ses preuves et chacun ayant parfaitement assumé l’espace commercial vaillamment conquis auparavant dans le supermarché du discours politique. Ce fameux lundi, au rayon idéologies, ils soldaient tous des interprétations très confortables du vote: ne vous inquiétez pas! il n’est pas question de lutte de classes ni d’intérêts profondément conflictuels ni, d’ailleurs, de l’aberration du système capitaliste, incarné, dans ce coin de paradis, par la démocrature parlementaire la plus vieille du monde. On ne parle pas des personnes faisant un travail extrêmement pénible, car ces gens ne peuvent pas voter...
Cela est le fruit de gens qui se sont trompéEs en glissant leur opinion dans l’urne ou bien c’est à cause des germanophones car c’est eux les réac, voilà les raisons les vraies.

C’est que dans cette contrée - comme dans bien d’autres d’ailleurs - de plus en plus de femmes et d’hommes se refusaient d’entrer et avaliser ce jeu pernicieux de la dictature de la majorité, transformant ainsi en dictature de la minorité et que les choses éclatent avant que cela ne devienne dictature tout court! Les gens se rassemblaient donc toujours plus nombreusEs dans les rangs des abstentionnistes pour pratiquer enfin d’autres formes de socialité non discriminantes et de démocratie directe...



Après-midi de protestation de la part du personnel de la FAREAS (15.12)

Par son action de devant le Bâtiment Administratif de la Pontaise (où se trouve Charles-Louis Rochat, chef du département de la santé et de l’action sociale) le personnel de la FAREAS (Fondation vaudoise pour l’accueil des requérantEs d’asile) entend protester contre les sombres coupes opérées par la Direction dans le budget 2001. Celles-ci prévoient notamment la réduction de 1,50 francs par jour et par personne dans les forfaits d’assistance, cela signifie qu’une personne requérante d’asile (adulte ou enfant) disposera entre 4 et 8 francs par jour pour se nourrir. Cette réduction sur le dos de gens qui par ailleurs touchent déjà de 30 à 40 % de moins que le minimum de l’Aide Sociale Vaudoise est jugée insupportable par le personnel présent à l’assemblée générale et porteuse de conséquences néfastes: atteinte à la dignité, risque de marginalisation, d’augmentation du travail au noir et de la délinquance.
Par ailleurs le budget contesté prévoit, en plus de cela et de la non-indéxation des salaires du personnel de la FAREAS, la sous-traitance dans les postes d’encadrement social d’animatrice/animateur risquant ainsi d’aggraver l’état de santé physique et psychique déjà précaire d’un bon nombre de requérantEs.
Protégé par la police, Rochat a reçu une délégation des 150 manifestantEs. Il leur a dit que la politique d’asile reposait sur 3 piliers : accueil, aide au retour et lutte contre les abus. Il a parlé des deux derniers points, mais n’a pas pu dire grand chose du premier (sinon qu’il leur récrira plus tard...).

Ces mesures dégoutantes s’inscrivent dans un contexte général d’exécution des mesures de contrainte (jusqu’à 9 mois de détention en vue de l’expulsion) et cela à côté de chez nous toutEs, notamment pour les ressortissantEs du Kosove ainsi que du déménagement de Genève à Vallorbe du Centre d’Enregistrement (CERA, l’endroit ou l’Etat exécute les premières démarches sur la demande d’asile). Ce déplacément ne fait pas qu’isoler les requérantEs davantage mais les éloigne également du tissu d’entraide, de solidarité et d’aide et cela tant sur le plan juridique que social et matériel. ..selon des rumeurs on parle déjà de placer le prochain CERA sur la pointe Dufour.
...il fallait décidement agir pour rendre la Suisse moins attrayante....(burp!)



Le Potage de Plombs

Pour la tête et l’estomac

Les repas sont vegans, quleques fois avec options végétariennes. La cuisine est ouverte à qui désire s’expérimenter. Afin que chacunE puisse payer en fonction de ses moyens, le prix est libre. Toutefois les aliments, le gaz, le chauffage coûtent, donc jusqu’à l’abolition de la monnaie on vous conseille la somme de cinq francs pour le repas.
La plonge n’est pas encore bien installée, mais c’est tout de même possible de faire sa vaisselle. Espace autogéré = autogestion non ? Est-ce une utopie, est-ce réalisable ? Le futur c’est l’avenir, qui puise son présent dans le passé.
Cassons tout, même d’abord la croûte

Bistrok de l’espace autogéré, César-Roux 30 à Lausanne
Ouvert tous les jeudis dès 18h, bouffe à 20h30