Autre numéro




n°14 (février 2001)
Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata-squat-antifa-féministe-précaires,etc. (Lôzane et ailleurs) c/o Infokiosk, Espace autogéré, av. César Roux 30, CH-1005 Lausanne

Sports divers à Davos et en plaine
Quand l'Etat et le capital montrent leur vrai visage


Habits et lunettes de ski, bonnets à pompon, une bonne centaine de personnes s'étaient donné rendez-vous à Lausanne samedi 27 janvier au petit matin pour la sortie annuelle de sport d'hiver. EmbarquéEs dans un car à deux étages et deux mini bus nous allions tenter de rejoindre Davos pour prendre part à la manif contre le World Economic Forum (WEF). En cours de route nous nous joindrons aux cars bernois et zurichois. Le voyage se passe sans encombre jusqu'à Landquart, dernier bled avant la montée pour Davos. Là des flics en tenue anti-émeute avec blindés et canon à eau ont érigé un barrage et nous attendent de pied ferme. Rapidement des cars tessinois, italiens, bâlois, genevois ... nous rejoignent. La situation est bloquée et tout le monde décide de descendre des véhicules. Après un moment de flottement la décision est prise de tenter de rejoindre à pied les manifestantEs bloquéEs à la gare de Landquart. Le chemin de fer privé menant à la station de ski en état de siège a été supprimé depuis la veille déjà. Des centaines de personnes font face aux anti-émeutes à qui il est demandé de pouvoir rejoindre la gare. La réponse, des salves de lacrymo, ne se fera pas attendre. Nous décidons alors d'aller occuper l'autoroute. Le trafic et rapidement bloqué dans les deux sens et tous les axes routiers de la région paralysés. Pour quitter l'autoroute nous exigeons en échange que soit mis à disposition des manifestantEs bloquéEs et cernéEs à la gare de Landquart un train pour Zurich où était prévue une manif au cas où nous ne pourrions pas rejoindre Davos. Nous apprenons que 400 manifestantEs surgiEs de nulle part ont tout de même réussi à rejoindre la station grisonne et manifestent à 500 mètres du bunker des congrès. Ils/elles seront repoussées de Davos à coup de canons à eau.

L'autoroute est toujours bloquée, deux hélicoptères nous survolent sans cesse et 250 autres personnes font face à un barrage policier à 2 km d'où nous sommes. Au loin les casques des anti-émeutes brillent au soleil. Arrive alors les cars d'ATTAC qui ne feront preuve d'aucune solidarité. C'est que, nous dira un de leur porte-parole, ils/elles sont attenduEs par les journalistes. Ne nous étant visiblement d'aucun secours et plus encombrants qu'autre chose dans une situation déjà passablement encombrée nous préférons ne pas les retenir plus longtemps.

Soudain nous apprenons qu'un train va être mis à disposition. A peine a-t-il quitté la gare de Landquart que le train plein à craquer arrivé à notre hauteur s'immobilise. Les manifestantEs ont tiré le frein de secours et exigent maintenant à leur tour que nous puissions remonter dans nos cars pour partir ensemble pour la capitale financière du pays.

Après avoir bloqué la région tout l'après-midi nos cars nous rejoignent et tout le monde prend la route ou le rail pour Zurich. Tout au long de notre parcours l'accès aux aires d'autoroutes nous sera barré par des anti-émeutes et des chiens qui y protègent drive-in Mc Donald's et autre Mövenpick.

ArrivéEs à Zurich une manif a déjà commencé et des centaines de personnes regroupées autour d'un soundsystem à la gare tente de la rejoindre. Les flics nous agressent immédiatement à coup de canon à eau, de lacrymo et de balles en caoutchouc visant la tête. Les usagerEs de la gare insultent les flics, les manifestantEs se dispersent en petits groupes, certainEs érigent des barricades, le quartier de la gare est en feu, mais il ne sera malheureusement pas possible de rejoindre le quartier des banques, les flics nous repoussant vers les quartiers populaires.

Ce qui devait être une manif à Davos contre le WEF s'est finalement étendue à tout le territoire suisse et jusqu'à Côme en Italie. Des activistes françaisEs, italienNEs, AutrichienNEs empêchéEs d'entrer en Suisse on bloqué les frontières. A Genève 200 personnes ont occupé le siège de l'OMC, des manifs ont eu lieu à Berne, Bâle et Zurich. Davos protégée par toutes les police de Suisse et du Liechtenstein, les gardes fortification et l'armée avait tout sauf un air de villégiature tranquille. Des kilomètres de barrières et de barbelés incommodaient depuis des jours tant les habitantEs, les touristes que les congressistes. La sécurité de ces derniers étaient si bien assurée que même des congressistes, tel le financier Georges Soros, ont été empêchés de passer les barrages policiers pour rejoindre leur hôtel.

Si le congrès n'a pu être bloqué, il a cependant perdu de sa superbe et a dû passer une bonne partie de son temps à s'autojustifer y compris à coup de pages de pub dans tous les journaux du pays. Les moyens, comme il n'en pas été déployé depuis les mobilisations ouvrières du début du siècle passé, font grincer des dents. Ceci d'autant plus que le WEF est une réunion privée qui n'a rien d'officiel. Même les médias aux ordres, toujours prêt à caresser les puissants dans le sens du poil, se font plus critiques, se demandent si l'Etat et le WEF n'exagèrent pas un peu, certains comme le journal populiste et réac "Sonntags Blick" titrant en Une "Intervention de police comme dans une dictature".

La Coordination anti-OMC a quant à elle pu se faire entendre plus largement que les autres années, même si les autorités, les responsables du WEF, les flics, les média et certaines ONG se sont donnés la main pour nous décrire comme un ramassis de casseurs/euses qui n'a rien à dire et ne saurait même pas contre quoi ils/elles manifestent. Cette mobilisation a également permis de renforcer la coordination, les liens et les échanges entre de nombreux collectifs, mouvements et activistes de divers cantons et pays, sur des bases anti-capitalistes et anti-patriarcales claires.

Nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin, même si le chemin est encore long. Pas de paix pour les tyrans !



Chronologie des actions anti-WEF

Mercredi 24 janvier
Une centaine de manifestantEs défilent à Delémont pour protester contre l'envoi de 5 gendarmes jurassiens à Davos. Cinq poulets sont grillés devant le poste de police.

Jeudi 25
- 50 personnes se sont réunies devant l'UBS de St-François à Lausanne et y ont accroché une banderole de 3 mètres sur 4. Cette action avait pour but de dénoncer la politique de la banque et d'appeler à la manif du 27 janvier contre le WEF.
- 15 militantEs ont bloqué à l'aide de quatre véhicules l'autoroute A3 dans le canton de Glaris pour entraver l'accès au Forum. Intervention musclée des flics avec voitures et hélicoptère. Un manifestant blessé.

Vendredi 26
- La capitalisme pue. Action bombes puantes chez Globus à Zurich
- Sabotage du réseau Swisscom dans la région de Davos par le groupe "Sand in the Wheels". Réseau inopérant vendredi et samedi.
- Manif à Lugano en soutien aux ItalienNEs bloquéEs à la frontière. Pose d'une banderole sur l'UBS

Samedi 27
- A la frontière franco-suisse, près de Genève, plusieurs dizaines d'activistes françaisES ont bloqué le trafic en direction de la Suisse
- A Chiasso une centaine de «Tute Bianche» bloquent depuis l'aube la frontière et tentent de forcer le passage pour entrer en Suisse: face à eux les polices italienne et helvétique qui depuis la veille les empêchent de rejoindre Davos. Des canons à eau sont utilisés pour repousser les manifestantEs.
- A la frontière austro-suisse un car autrichien se voit interdire de pénétrer en Suisse. Blocage de la frontière et du trafic par les manifestantEs
- Genève: action latrines à l'OMC. Tôt le matin 200 opposantEs au WEF se sont introduitEs dans le hall de l'OMC. Hommes et femmes ont pissé et tagué les murs à l'intérieur. "We are pissed of by the WTO so we piss on the WTO". Aucune force de police n'était présente.
- Manifestation de 200 personnes à Berne l'après-midi. Celle-ci a été improvisée par la coordination anti-OMC suite à la décision prise par la compagnie (privée) des Chemins de fer rhétiques de supprimer le trafic ferroviaire vers Davos.
- Manifestation à Bâle en soutien aux protestations contre le WEF. Dissoute violemment par la flicaille.
- A Davos 400 manifestantEs défilent dans les rues malgré l'interdiction officielle. Ils sont chargés, et subissent les tirs des canons à eau. Vers 15h00 ils/elles sont touTEs reconduitEs à la gare et contraintEs de repartir.
- Manif à Landquart: la police a chargé dans la gare et tiré des gaz lacrymo sur ceux et celles qui sont à l'intérieur. Juste avant, les manifestantEs descenduEs des cars pour tenter de rejoindre la gare à pied ont aussi essuyé une charge.
- Réseau routier de la région de Davos paralysé. Manif de centaines de personnes sur l'autoroute
- Réseau ferroviaire Zurich - Coire bloqué
- Vers 17 heures 500 personnes manifestent à Zurich. Echauffourées avec la police
- 18 heures Fête avec soundsystem à Zurich. Plus de 1000 personnes immédiatement agressées par la police à l'aide de lance à eau, lacrymo et balles en caoutchouc. Ensuite barricades et émeutes. Plusieurs blesséEs.

Dimanche 28
- Manif anti-répression à Zurich

Lundi 29
- Manifs ou rassemblements anti-répression à Lausanne, Genève, Berne, Zurich, Lyon (occupation du consulat durant 2 heures), Rome ...
- 13 arrestations suite à l'attaque d'un Mc Do à Berne

A l'étranger
- Madrid: 5000 personnes participent à une manif anticapitaliste de protestation contre le Forum de Davos et la nouvelle lois espagnole anti-immigréEs
- Manifs ou rassemblements contre la répression à Saint-Etienne, Grenoble, Foix, Toulouse, St-Girons, Lyon, Rome, Helsinki, Varsovie,...
- Manifestation à Porto Alegre (Brésil) en solidarité avec les opposantEs au WEF de Davos. Le cortège s'est rendu en particulier devant les locaux de la VARIG, une entreprise de Rio Grande présente au forum économique, sans oublier un passage obligé devant les Mac Donald's et les banques.


La liste de ces actions n’est pas exhaustive, chaque jour elle s’allonge. Pour de plus amples informations, consulter entre autres sur le net l’agence de presse indépendante indymedia.org



Les oeuvres non exhaustives de la police:

- Créée un climat de peur et de violence les semaines précédant le forum
- Le fichage ressort de l'ombre: 300 personnes étrangères interdites de territoire officiellement pour avoir commis des violences lors d'autres sommets. En fait il suffit d'avoir été contrôlé une fois ou avoir été pris dans une razzia.
- Fiche les participants aux réunions publiques précédant la manif de Davos
- Place des caméras de surveillance en face du Centre social Molino à Lugano. Lorsque celles-ci sont détruites, la police débarque immédiatement et contrôle toute personne entrant ou sortant du lieu.
- Refoule des centaines de personnes aux frontières
- Confisque des passeports de tchèques tentant de pénétrer en Suisse en car
- Supprime le droit de manifestation et suspend la liberté de circulation intérieure
- Transforme Davos en énorme bunker-prison
- Créée un climat de guerre civile
- Verrouille tellement bien Davos que même les "global leaders" sont parfois empêchés de passer les barrages pour se rendre à leur hôtel, comme Georges Soros. L’intellectuelle indienne Vandana Shiva invitée par Schwab s’est fait frappé par la police. Le chercheur israëlien Adam Ma’anit invité au Public eye on Davos a été reconduit à la frontière et aggrémenté d’insultes racistes
- S’illustre comme police “rustique” dans la presse internationale en faisant des tests de lances à purin destiné aux manifestantEs
- Mobilise même un char d’assaut, déguisé pour l’occasion en civil avec une plaque d’immatriculation genevoise
- Fouille les journalistes. Innombrables tracasseries pour les journalistes n'ayant pas obtenu d'accréditation du WEF
- Des flics en civil bondissent sur les touristes faisant des photos de Davos
- Insulte des habitantEs qu'elle empêche de rentrer chez eux
- Intervient dans la nuit précédent la manif dans les chambres d'hôtel d'une troupe de théâtre anglaise et les tirent du lit afin de les expulser de Davos
- Agresse les manifestantEs et les passantEs avec lance à eau, lacrymo, balles en caoutchouc et matraques (manifestantES atteintEs aux yeux par des balles en caoutchouc)
- A Zurich, prise d'assaut d'un tram se rendant à la Rote Fabrik. Les passagerEs sont retenu 3/4 d'heure. Au moins 60 sont menottéEs, arrêtées et emmenéEs.
- 121 arrestations, plusieurs blessés graves
- Et enfin coûte entre cinq et dix millions aux contribuables




en plus ou moins bref

A LAUSANNE

Olivier Français, municipal des travaux et alias Mr Propre, semble souffrir d’une obsession freudienne avec tout ce qui peut avoir rapport au caca. C’est du moins ce que suggèrent ses interventions publiques qui se résument pour l’instant à deux points : lutte contre la saleté (affichage sauvage, ramassage des poubelles, graffitis, déchets ménagers encombrants) et apologie du projet d’usine d’incinération TRIDEL.

Transports publics. Roland Ostermann, écologiste technocrate, mathématicien et ancien président du conseil communal vient de reproposer sa solution pour améliorer les prestations des TL : lutter encore plus contre la resquille. Sa position n’a pas changé d’un millimètre depuis 10 ans, à l’époque des comités action transports. Il aurait pourtant pu imaginer des transports publics gratuits pour touTEs, des empoyéEs aimables plutôt que des contrôleurs grimaçants,... Mais non, les pauvres n’ont qu’à aller à pied.

Répression, pas d’inquiétude : y en a pour tout le monde ! J.-J. Schilt, syndic socialiste lausannois, affiche clairement son autorité bureaucratique, avec la complicité des autres éluEs municipaux-ales. Dans un premier temps, il s’occupe d’une affaire qui est du ressort de B. Métraux (popiste) et dans un deuxième temps, il a osé dire et faire tout haut ce que pratiquent tout bas les patronNEs... En effet, suite à une situation de mobbing (harcèlement psychologique au travail) au sein de l’administration communale, le tribunal administratif (TA) a décidé que la femme mobbée devait réintégrer son poste de travail. Remarque : comme d’habitude, lorsqu’une personne porte plainte pour mobbing contre un mobbeur, c’est la personne qui subit les agressions qui est soit suspendue, soit déplacée dans un autre service. Le mobbeur, lui, conserve son travail, toujours couvert par la hiérarchie. C’est vrai quoi, entre chefFEs, on peut quand même se soutenir ! Donc, suite à la décision du TA, exceptionnellement favorable dans ce genre de situation, Schilt a engagé une procédure de licenciement contre la personne mobbée. Motifs : « Toute collaboration à l’avenir est exclue ». De plus, il a affirmé qu’il y avait rupture de confiance, vu qu’elle avait déposé plainte contre son chef et Métraux... En bref, cela signifie que si une personne se bat pour que les conditions de travail soient « correctes », et qu’elle porte plainte contre la hiérarchie, elle peut se faire licencier pour rupture de confiance. La décision de la municipalité de Lausanne s’inscrit dans un vaste processus de répression contre toute forme de contestation contre la hiérarchie, le pouvoir. La municipalité tente de casser chaque personne qui se bat, afin de prévenir toute lutte individuelle ou collective. Toutes les formes de répression ont pour but d’entraver notre liberté et d’augmenter le pouvoir des nantiEs... Une révolution reste à faire ? Rien qu’une ?...

EN SUISSE...

Finances fédérales : La confédération est-elle en déficit ou est-ce Kaspar Villiger qui souffre d’un déficit mental ? D’abord le ministre des finances annonce un déficit de 2 milliards (argument sur lequel il s’appuie pour défendre une politique d’austérité) pour finalement annoncer un bénéfice de 2 milliards ! En tant que grand comptable, aurait-il confondu un “+” et un “-” (on se fairait virer pour moins...) ? Le comble : chaque année depuis trois ans il fait le coup, et chaque année tout le monde gobe la pilule... Les 5 à 10 millions qu’a coûté la mobilisation des forces du désordre à Davos permettra heureusement de dépenser une partie de ce bénéfice.

De Pury, mort ou vif ? Ah, vous en êtes encore là ?

Maria-Belgia. La Caisse de pension des centrales suisses d’électricité avait racheté ces immeubles squattés pour en faire des logements à loyers élevés, sous la bénédiction de la ville de Vevey, trop contente d’attirer des contribuables aisés (cf T’Okup’ n°2). C’était sans compter la tenacité du comité de quartier pour la sauvegarde du patrimoine architectural quai Maria-Belgia/rue de la Madelaine qui a obtenu gain de cause auprès du tribunal fédéral après moult batailles juridiques. Le directeur de la caisse de pension a déclaré à la presse que ce sera peut-être leur dernier projet d’investissement en Suisse romande. On espère bien.

ET AILLEURS...

Vive l'exploitation responsable. David Husselbee, ancien haut responsable de l'organisation humanitaire Save the Children qui avait gagné une bataille dans le domaine du travail des enfants au Pakistan est devenu responsable du "bureau pour les affaires sociales et le développement" de Adidas. L'objectif est celui de créer et d’étendre les liens avec les organisations actives dans le domaine. Les exemples de multinationales qui s'appliquent ostensiblement à apparaître humaines et responsables se multiplient; cela va de Reebook qui collabore avec Amnesty International à Visa qui collabore avec Reading is foundamental pour les programmes d'alphabétisation.

Mc Donald's : junk food & junk job. Début janvier, c'est la grève après le refus de la direction de McDonald's Italie de négocier une convention avec les organisations syndicales pour tous les magasins qui ont la concession du label McDo en Italie (environ 90% des magasins et 15'000 employéEs). Le conflit porte principalement sur la réglementation du travail à temps partiel, sur le cahier des charges des employéEs, l’encadrement, le respect des travailleuses et des travailleurs, qui souvent victimes ou menacéEs de mobbing, ainsi que du respect des libertés syndicales.

Bush-toi de là ! Après avoir offert au monde une mascarade électorale sans précédent, George Bush Junior s’illustre déjà par ses mesures fascisantes : après avoir vanté la religion comme sédiment de la nation, sa première mesure a été de retirer les subventions aux ONG et centres de planning familliaux qui permettaient le contrôle des naissances et l’avortement dans le sud. Rien qu’à lui seul, il est également responsable d’environ 150 condamnations à mort lorsqu’il n’était encore que gouverneur. Lors de sa nomination, des manifs rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes ont eu lieu à Washington. Des centaines de membres des Black Bloc (cf la brochure Et bing dans l’oeil ! aux éditions T’okup’) se sont affrontéEs avec la police quand celle-ci a voulu reprendre le contrôle de la zone du monument aux morts, dont les drapeaux américains avaient été remplacés par des drapeaux rouges et noirs.

Clinton a quitté la maison blanche sans grâcier le militant amérindien Leonard Peltier, condamné suite à un procès truqué par le FBI (avant d’être élu, Bill avait promis de faire libérer Peltier). Par contre il a grâcié 139 personnes, dont pas mal de fraudeurs fiscaux, dont le suisse Marc Rich, considéré comme un des plus grands fraudeurs de l’histoire des Etats-Unis. No justice, no peace !

Vache folle : contrairement à tous les autres journaux, on ne vous en parlera pas, même pas pour vous dire que c’est le système lui-même qui est malade

Les hyènes marchandes : Messieurs Espagnon & Le Bret, libraires à Paris, proposent dans leur catalogue de livres anciens, entre autres joyeusetés, pour 2’500 francs français: Manifestez en faveur de l’urbanisme unitaire (1956), tract situationniste A4 ronéotypé recto-verson, ou, pour 38’000 FF : Fin de copenhague de Jorn et Debord, 1957, 36 pages ! On voit que le mot récup’ n’a pas le même sens pour tout le monde...



La Cité va-t-elle craquer ?

La prochaine audience qui devra décider de l’évacuation du squat de la Cité aura lieu le 13 février à neuf heures au Tribunal de Montbenon.

Ce jour-là nous allons protester contre une procédure juridique qui nous refuse le droit à la parole. En effet, les noms des occupantEs étant exigés alors qu’une plainte pour violation de domicile est en cours, nous n’avons plus la possibilité de nous défendre par le biais d’un avocat. (Faut-il préciser que l’ECA a refusé publiquement tout arrangement à l’amiable même si les noms étaient révélés ?)

Reste à savoir si la justice adoptera le 13 février la même attitude complaisante à l’égard de l’influent propriétaire que jusqu’ici. Rappelons-nous de l’évacuation surprise montée par l’ECA, la juge et quelques policiers, dans le dos de la Municipalité, et le jour-même où cette dernière devait discuter de la situation avec le propriétaire. En réponse à cette attitude agressive et méprisante du propriétaire, la maison a été réoccupée le soir-même.

Lors de la dernière expertise au mois de juillet dernier, il a été reconnu officiellement que l’immeuble de la Cité ne présentait plus de problèmes de sécurité et que « le péril en la demeure est de facto considéré comme écarté ». De plus, les oppositions de quartier concernant la démolition de la maison, bloquent toute possibilité de travaux. Enfin, tandis que l’ECA s’acharne à exiger l’évacuation immédiate, la rénovation va bon train, la façade s’embellit, les fouilles s’illuminent etc.

Ainsi, et ce malgré le silence qu’on voudrait nous imposer, nos revendications restent les mêmes. Nous resterons dans la maison tant que les travaux du projet immobilier de l’ECA n’auront pas commencé.

Alors rendez-vous le 13 février à 8h45 à Montbenon, y’aura du tchaï et du kawa.



Procès de 4 Bad Girls inculpées

Tous et toutes au tribunal de Montbenon les 6 et 7 mars à 8h45 pour soutenir les quatre militantes des Bad Girls Go Everywhere. Elles sont accusées par un prof de l’UNIL de “diffamation, calomnie, injure et tentative de contrainte” (son nom n’avait même pas été cité) en marge d’une plainte pour harcèlement sexuel dont il a fait lui-même l’objet. Une cinquantaine d’association, syndicats, partis, dénoncent le caractère arbitraire et injuste du procès qui leur est intenté. Planifié un jour avant la journée internationale des femmes, ce procès qui vise à étouffer tout débat sur le harcèlement sexuel risque bien de tourner au procès du féminisme.

Pour plus d’infos : Comité de soutien au BGGE, c/o Casse-rôles, CP 275, 1000 Lausanne 17



Info autodétermination : un nouveau journal sur la place

“Voilà, ça y est ! Un nouveau journal voit le jour. Encore un ? Oui et nous l’assumons. Depuis des années, les associations membres de la Fédération Romande la Personne d’Abord se battent en faveur de l’autodétermination des personnes handicapées, mentales ou physiques. Un travail de Sisyphe, souvent dans l’ombre, méconnu, peu spectaculaire. Qui le sait ?”

“Aujourd’hui, il est temps d’en parler, il nous semble même qu’il y a urgence. Urgence de donner la parole aux personnes handicapées qui ne sont pas des habituées des lieux où l’on cause, à celles et ceux qui se battent au quotidien pour améliorer leurs conditions de vie et celles et ceux qui osent dire non et se mettre en colère, à celles et ceux quoi ont le courage de résister. Ça ne se veut pas consensuel, ça ne racontera pas le dernier pique-nique à Ballenberg, ça ne signalera pas la nouvelle théorie québécoise à la mode. Ce seront des pans d’histoire orale, livrés bruts, nécessaires à une meilleure compréhension des combats menés par les personnes handicapées.”

(extrait de l’édito du n° 0, consacré à la formation des personnes handicapées et les obstacles que celles-ci rencontrent, disponible auprès des adresses ci-dessous)

Solidarité-Handicap Mental, Rue du Maupas 49, 1004 Lausanne, 021/648’25’82, solidaritehandicap@hotmail.com
Antenne Handicap Mental, Numa-Droz 68, CP 59, 2301 La Chaux-de-Fonds, 021/914’10’10, anten_handicapmental@vtx.ch
Cap-Contact Association, Praz-Séchaud 18, 1010 Lausanne, 021/653’08’18, cap-contact@swissonline.ch