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n°03 (mai 2000) Agenda-journal intersticiel de la mouvance anarcho-alternata- squat-antifa-féministe et Jean Passe. (Lôzane et monde) Présentation Ni secte, ni parti, agrégation aléatoire de groupes ou d'individuEs, les gens qui écrivent dans cette feuille font vivre des luttes pour une société plus juste, contre tous les pouvoirs et contre l'exploitation. Pour le reste, regarde autour de toi, occupe-toi de ce qui te regarde pas, car ça te regarde. Contact: c/o Infokiosk, av. de Morges 60, CH-1004 Lausanne En mai, fais ce qui te plaît ! Depuis plus d'un siècle, le 1er mai a été porteur d'énormes espoirs et de désillusions non moins énormes : démonstrations de force de la classe ouvrière au tournant du siècle passé, exaltation de l'identité ouvrière et de l'internationalisme, mais aussi répression sanglante, morts, et récupérations de toutes sortes. Aujourd'hui, le 1er mai était presque devenu déprimant, entre les bouffonneries des partis socialistes et des centrales syndicales en Europe pour qui la lutte se résume aux saucisses, loteries et fanfares, entrecoupées des hoquets des nostalgiques staliniens à l'est, et les dernières parades militaires à la sauce rouge en Chine. Sans même parler du discours sur la soi-disant « fin des idéologies » qui voudrait annihiler toute tentative de lutte pour changer le monde. Malgré tout, même en Suisse, le 1er mai nous réserve encore parfois quelques réjouissances. On se souvient l'incendie du Crédit Suisse par les autonomes en 98 à Zurich, ou le détournement du cortège officiel par les squatteurs/euses en 99 à Genève pour réoccuper les locaux commerciaux à la rue de l'Arquebuse. Mais pour saisir le sens profond du 1er mai, il est important de se rappeler les origines qui firent de cette date le symbole de la lutte contre l'exploitation à l'échelle internationale. On vous épargne ici un long exposé historique (voir résumé encadré). On retiendra juste que cette date prend naissance dans la lutte pour les huit heures aux Etats-Unis, que les syndicats étaient décidés à obtenir par l'action directe. Que suite à ce qui a été appelé "la tragédie de Haymarket", 4 militants anarchistes qui furent parmi les principaux orateurs des meetings d'avril et de mai 1886 à Chicago ont été condamnés à mort après une parodie de procès pour une bombe qu'ils n'avaient pas lancée. Que les manifestations du 1er mai ont permis aux dominé-e-s de démontrer un force et une détermination suffisante pour faire trembler la bourgeoisie de l'époque, qu'elles ont conduit au développement de luttes ouvrières dans les pays où il n'y avait pas de mouvement syndical. Rappelons aussi que le 1er mai fut d'abord conçu comme un jour de soutien aux revendications ouvrières et non comme une fête (pas de quoi fêter quand on se fait tirer dessus par l'armée...), que le choix des méthodes étaient laissés aux différentes organisations, et que de 1886 à 1914, les anarchistes jouèrent un rôle prépondérant dans ces luttes. Et cela malgré le fait que les anarchistes étaient au début plutôt contre ces manifestations, puisque la revendication des huit heures était réformiste. De même, ils/elles furent plus tard contre l'établissement du 1er mai comme jour férié, puisque la manifestation perdait ainsi le sens de jour chômé où on quittait l'atelier ou l'usine pour la rue. Mais il ne faut pas oublier que sur ces millions de manifestant-e-s pour l'internationalisme, bien peu ont maintenu le cap à la déclaration de guerre en 1914 et que la plupart se sont ralliés à l'Union sacrée, y compris de célèbres anarchistes. Qu'en France, le 1er mai a été légalisé sous Pétain. Que dans l'Italie fasciste, l'Allemagne nazie et l'Espagne de Franco, cette date a été transformée en journée de glorification de la dictature. Qu'en 1955, le Pape Pie XII désigne le 1er mai comme fête de "Saint- Joseph Artisan" pour "inviter la société moderne à parachever ce qui manque encore à la paix sociale". Que les grandes manifestations de masse ont souvent été le tremplin d'opportunistes de tous poils et que, les années passant, sur les milliers de prolétaires qui venaient fêter la racine de leur exploitation à l'appel de la sociale-démocratie, on en retrouvait bien peu ensuite imliqué-e-s véritablement dans les luttes durant le reste de l'année. Le 1er mai est donc à la base étroitement lié aux conditions de travail, mais il a aussi représenté une visée beaucoup plus globale, comme en témoignent ces lignes de Rudolf Rocker dans Le Libertaire en 1936 : "(...) Le Premier Mai est pour nous une puissante manifestation contre tout militarisme et contre l'immense supercherie nationaliste derrière lesquels se cachent les intérêts brutaux des classes possédantes. (...) Nous célébrons le Premier Mai dans ce sens, comme le symbole d'un avenir prochain au sein du peuple révolutionnaire pour racheter le monde de la malédiction des dominations de classes et de l'esclavage salarié." Aujourd'hui plus que jamais, il serait utile de faire le lien entre les différentes luttes, de voir qu'il ne peut pas y avoir de lutte anticapitaliste sans combattre également le sexisme, le racisme et la destruction de la nature. A ce titre il est réjouissant de voir la Marche mondiale des femmes (cf T'okup! nos 1 et 2) fixer comme échéance importante la date du 1er mai (qui est malgré tout encore l'apanage des syndicalistes moustachus et virils), et la mouvance autour de Reclaim the Streets appeler à des manifestations similaires à celles des mobilisations contre l'OMC, le G8, le FMI et la Banque mondiale, mais cette fois-ci sur une date propre. Pour nous, travailler, on s'en fout. Alors s'il faut fêter quelque chose le 1er mai, faisons sa fête au travail. Revenons-en si on veut aux grandes festivités paļennes de mai pour le retour du printemps (une foule en joie est parfois aussi dangereuse qu'une foule en colère), mais ajoutons-y la lutte. Et tout au long de l'année. Rendez-vous à Lausanne le 20 mai pour la critical mass et le 3 juin pour la 2e Street Party anticapitaliste. Aujourd'hui comme hier, le 1er mai sera ce qu'on en fera. Force verte Les origines du 1er mai: - L'année 1886 est une dure année de lutte aux Etats-Unis pour la journée de travail de 8 heures. Une grève générale est fixée au 1er mai 1886 obtenir cette revendication, mais de nombreuses grèves éclatent dès le début de l'année. La bourgeoisie panique et le terrorisme d'Etat fait rage, par exemple à Milwaukee, où la police tire sur la foule tuant 9 personnes. - Chicago. Le 17 et le 25 avril, meetings rassemblant plus de 20'000 personnes. 1-4 mai: manifs réunissant des dizaines de milliers de personnes, la police tire, il y a des morts, remanifs. Le 4, la police charge alors que la foule se disperse. Une bombe explose tuant 1 policier. 8 anarchistes sont arrêtés. L'un se suicide en prison, 4 sont exécutés le 11 nov. 1887 après une parodie de procès, les autres seront libérés en 1893, quand le gouvernement d'Illinois admettra que le procès était truqué. - Au congrès de St-Louis (1888) L'American Federation of Labour décide de faire du 1er mai 1889 une journée de manifestations et de revendications pour commémorer le 1er mai 1886. - Congrès de Londres (1888): première motion (non-adoptée) visant à faire du 1er mai un jour international de soutien aux revendications ouvrières. - Congrès de Paris (1889): Le 1er mai est adopté par ce congrès où les marxistes l'emportent sur les anarchistes (congrès fondateur de la 2e Internationale), mais le 1er mai 1899 culminera en prenant une tournure révolutionnaire à Vienne (F), où prédominent les anarchistes (dont Louise Michel juste de retour de déportation). - 1er mai 1891: massacre des Fourmilles (10 morts, 80 blessés). Une maison occupée est une maison enchantée Depuis bientôt le 14 avril, nous occupons le 42 bis de l'av. de Tivoli. Nous, c'est-à-dire une dizaine de personnes, certaines liées à l'Espace Autogéré, d'autres nouvellement débarquées. On a choisi cette maison d'abord parce qu'elle ne consiste pas qu'en une habitation, mais aussi en deux halles, dans lesquelles on va installer divers ateliers ( forge, bricole, sculpture, céramique, studio d'enregistrement ). Ensuite pour sa situation proche du centre ville, indispensable puisqu'on compte y développer des activités ouvertes au public ( resto. végétarien, galerie et infokiosk ). Ceci pour proposer une culture alternative qui fait partie intégrante de notre mode de vie, en opposition au sempiternel « tout tourne autour de l'argent ». Après presque deux semaines sans nouvelles de la ville ou de la BCV (propriétaire), on a commencé à nettoyer, repeindre, bétonner. Et plusieurs architectes, ingénieurs et autres connaisseurs du bâtiment sont venus donner leur avis sur la maison, qui est loin d'être aussi dangereuse que certains le prétendront. On a aussi trouvé un arrangement avec l'aactuel usager des halles: le dialogue est donc possible sans l'intervention de la police. Affaire à suivre, donc ... Soutenez l'espace autogéré Du 30 mars au 2 avril nous avons organisé à Prélaz un festival de résistance pour protester contre l'expulsion de l'espace autogéré et la construction d'un supermarché, un parking souterrain et 80 cages à lapins. Rétrospectivement quelques points nous chagrinent : - la diversité représentée par les groupes, les DJ's et le public, lors des soirées, n'a pas atteint celle des voitures qui se rencontreront gaiement dans le parking souterrain prévu. - le nombre de personnes fréquentant un supermarché écraserait facilement le p'tit millier que nous étions chaque soir. (Encore une fois milles excuses, toutes nos recherches de groupes de musique de supermarché ont échoué. La future Coop comblera sūrement cette lacune.) - malgré tous nos efforts, les quatre jours de festival n'ont pas su égaler, question nuisances sonores, les six ans de travaux qui attendent les habitantEs du quartier. En espérant que la Coop saura tirer leçon de nos erreurs, nous mettons désormais tous nos espoirs en elle pour rehausser le quota culturel du quartier et lui souhaitons une totale réussite. Toute forme de soutien est bienvenue. L'utlimatum qui nous a été fixé échoit le 5 juin. Contre la démolition! Contre les supermarchés et les parkings! Pour que qu'un espace autogéré subsite à Lausanne! critical mass: coļncidence organisée Cela se passe dans plus de 100 villes du monde, il n'y a pas d'organisatrices/teurs, seulement un ensemble d'individu-e-s se retrouvant au même endroit, au même moment, qui décident tou-te-s de partir dans la même direction. Certain-e-s viennent pour exiger une meilleure utilisation de la rue, d'autres sont dégouté-e-s par la pollution et le nombre inquiétant de voitures au centre-ville, d'autres encore pour exhiber leurs jolis vélos muliticolores, tou-te-s viennent pour fêter une autre rue. Alors sortez de vos coffres-forts, notre air est trop vital pour y déverser des cocktails de polluants, déplaçons-nous en plein air, à vélo, en skate, rollers, charrette, trotinette ou triporteur... rdv le 20 mai à 14h à Beaulieu, Lausanne Genève. Lors de la critical mass du 25 février qui regroupait une quarantaine de personnes, la police a chargé sans sommation le cortège pacifiste (une semaine avant le salon de l'auto et deux semaines avant les votations par rapport à la réduction du trafic). Mal leur en a pris, car lors de la critical mass suivante le 31 mars, ce fut un cortège de 500 personnes qui a pris possession de la rue. chaque dernier vendredi du mois à 18 heures, pont des Bergues Street party 2 La rue ne doit pas appartenir aux voitures, aux commerces et à la pub. Réapproprions-nous l'espace public. Samedi 3 juin brèves Amaudruz n'a jamais existé ! 1er avril, en me promenant dans les rues de lausanne cet après-midi ensoleillé de printemps il m'est arrivé de voir que il y avait des magasins où le personnel est heureux, des flics avec le sens de l'humour, des banques qui ne prètent qu'aux pauvres , des rues commerciales dans lesquelles consommer rend intelligent et même des couillus déclarant s'occuper désormais de la lessive.... avant de remonter à la source: un petit groupe de petit gentilLEs poissoneurs et poissoneuses (Un passant) L'association Ciné-Clap, qui gérait le cinéma Bus Stop à Prélaz est toujours à la recherche d'une salle. Qu'à celà ne tienne, la ville sera notre terrain de jeu. Les projections se passeront chaque fois dans un lieu différent (consultez le programme). Si vous avez un lieu de projection, un film ou une idée à nous proposer, contactez nous. Nos réunions, ouvertes à touTEs, se déroulent dans notre bureau, rue de l'Industrie 6, dernier étage à droite. Prochaines réunions (à 19h00): jeudi 4 mai, mardi 16 mai. Contact: 021/ 323 16 21 ou http://www.chez.com/cineclap Le 18 mai 2000 à 14 heures 30 Au Palais de Justice de Montbenon >Procès pour usage des armoiries de l'Etat de Vaud En janvier 99, afin de dénoncer les baisses de prestations pour les personnes au RMR et à l'ASV, nous avons envoyé une lettre aux participantEs de la triste Table ronde. Notre proposition : envoyer toutes les personnes touchant une aide de l'Etat dans les pays de l'Est et s'assurer une paix sociale. Afin de dénoncer la politique de ce canton, nous avons utilisé un pa-pier en-tête de la " Chancelerie " (sic) du canton... Le Conseil d'Etat n'a évidemment pas apprécié et a porté plainte. Sur le banc des accusés, se retrouveront donc deux membres de l'ADC alors que c'est le Conseil d'Etat qui applique une politique de plus en plus libérale ! Pâques. Coment croire à la Résurrection en l'an 2000 ? On s'en fout ! |